mercredi 2 novembre 2011

Papandréou, le nouveau Périclès est arrivé !




Mais quelle mouche a piqué Papandréou ? Demander à son peuple de décider de son destin ? Mais quel fou ! Foutre en l’air le troisième et « définitif » sauvetage de la vie sur terre par Nicolas Sarkozy, avec un discours en pleine nuit à d’obscures députés de ce vieux pays morcelé en îlots, qui n’a que pour seules renommées des fromages usant jusqu’à l’écœurement du suffixe « issss » et de piètres chanteurs dont il ne reste que la barbe et les lunettes dans nos vagues souvenirs !






A peine quelques heures avant un G20 de parade qui devait permettre au chef de l’état de cultiver sa stature, ce n’est pas ce qu’il se fait de mieux, c’est vrai, ça fait même un peu « fouteur de merde ». Tout est dit dans cette intervention de l’influent Christian Estrosi, député-maire de Nice et porte-parole de lui-même : 

« Cette décision me paraît incompréhensible. Quand on sait le mal que Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont eu à faire adopter ce plan courageux, je déplore cette décision qui me paraît totalement irresponsable de la part du Premier ministre grec »

Ah, le « mal » que se sont donné le compte Doku et le chancelier Palpatine, à dicter leur bon vouloir, sans prendre la peine de consulter les « autres ». Ces petits pays (toute la zone euro sans la France et l’Allemagne, 15 pays quand même !) sont cantonnés au rôle de caisse d’approbation de plans de sauvetages foireux, décidés en amont par Angela Merkel et diffusés par le Jacques Séguéla de la politique Nicolas Sarkozy.

A force de taper sur les autres alors que l’on n’est pas un modèle de vertu soi-même, on va droit vers la fracture. Rire de ses partenaires italiens, tout mettre sur le dos de ses amis grecs ou gronder le petit frère anglais ne sert en aucun cas l’unité face cette crise si crainte.

A force de vouloir se servir de "la survie économique" d’un vieux continent comme tête de gondole d’un programme présidentiel difficile à défendre suite à un bilan stérile, réduit à néant par 4 ans de gouvernances désastreuses, n’aide pas à l’accroissement de la confiance mutuelle nécessaire.

Oui, mais certains avancent l’argument en vogue du moment : pourquoi le premier ministre grec a pris sa décision maintenant, sans avoir averti quiconque, seul dans son coin ! L’argument me fait rire. Voila un pays qui depuis Mai 2010 ne cesse d’être lié à des plans de sauvetages financiers plus historiques les uns que les autres (aux dires de certains). A chaque fois, le monde échappe à Armageddon, Nicolas Sarkozy se vante d’avoir sauvé le monde, sa cour se vante de servir celui qui a sauvé le monde et Angela Merkel se contente de savourer son emprise plus que dominante sur l’Europe.


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Florilège :


Vu d’Allemagne :

« Une chancelière sans concession qui s’est imposée contre une résistance farouche ». (Bild Zeitun)

« Merkel marque l’euro ». (Taz)

« Enfin Angela Merkel prend les choses en main. Il était temps ! » (Rhein Zeitung)

Vu de France :

* François Baroin le 22 Juillet 2011 sur RTL :

« Les réponses apportées sont exceptionnelles, sont des réponses profondes, puissantes, durables qui donnent des garanties à la Grèce d'accompagner dans la durée sa remise à un niveau acceptable ».

« C'est une réponse profonde, puissante pour éviter tout risque de contagion (...) qui trace aussi des perspectives d'avenir sur la future gouvernance économique européenne ».

« Nous avons décidé de sauver la Grèce parce que nous avons décidé de sauver et protéger l'euro ».

* François Baroin le 27 Octobre 2011 sur RTL :

« L'accord de cette nuit est une réponse ambitieuse, globale et crédible à la crise des dettes souveraines ».
« Oui, bien sûr, l'accord a permis de sauver la monnaie unique européenne ».

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C’est toujours amusant de relire ces réactions de politiques sûrs d’eux-mêmes, voulant nous faire croire que demain est un autre jour et que le pire a été évité … de la Com’ quoi ! Sauf que pour les grecs ça ne s’arrêtait pas qu’à ça ! Les solutions apportés étaient certes incapables de résoudre le problème, mais les conséquences pour le peuple étaient bien réelles, elles.





Mon ami blogueur Melclalex  a fait un excellent article sur ce sujet, je vous invite à le lire mais seulement après avoir terminé le mien … la liste des mesures prises à l'encontre du peuple grec par son gouvernement ci-dessous en est extraite :
  • Réduction de 30% du 13e mois et de 60% du 14e mois de salaire touchés pour les employés du secteur public
  • Réduction de 30% des primes de Noël, de Pâques et de vacances d'été pour tous les fonctionnaires
  • Suppression des 13e et 14e mois de salaire dans la fonction publique pour les
  • fonctionnaires gagnant plus de 3 000 euros par mois.
  • Le gel des salaires est étendu jusqu'en 2014.
  • Réduction totale du 14e mois (versé à tous les fonctionnaires)
  • Réduction de 12% sur les suppléments de salaires (primes...) en 2010 puis réduction de 8% de plus en 2011
  • Réduction de 7% des salaires dans les entreprises publiques
  • Réduction de 30% des primes de Noël, de Pâques et de vacances d'été dans les entreprises publiques.
  • Abaissement de 20 % du salaire minimum pour les jeunes et les chômeurs de longue durée qui retrouvent un emploi
  • Réduction de 10% du financement par l’État des caisses de retraites de l'entreprise publique d'électricité (DEI) et de l'opérateur grec des télécoms (OTE), conduisant à une réduction des crédits budgétaires correspondants.
  • Toutes les pensions du secteur public et du secteur privé sont gelées. Cette mesure annule ainsi les augmentations annoncées et inscrites dans le budget mais elle ne concerne cependant pas le personnel de sécurité, le personnel infirmier et les enseignants.
  • Hausse de deux points du principal coefficient de la TVA de 19% à 21% (pour les autres coefficients de la TVA, de 4,5% à 5% et de 9% à 10%). Nouvelle hausse de la TVA de 1 %.en 2011
  • Hausse de la taxe sur le fuel et l'électricité.
  • Hausse de 20 % de la taxe sur l'alcool.
  • Hausse de 63 % de la taxe sur le tabac.
  • Relèvement de l'âge légal de départ à la retraite à 65 ans pour tout le monde. Jusqu'alors, les femmes - notamment - pouvaient partir à la retraite à 60 ans.
  • Relèvement du nombre d'années de cotisation obligatoire pour avoir droit à une retraite à taux plein. Il est progressivement porté de 37 à 40 ans d'ici à 2015.
  • Abaissement du seuil d'imposition. Seuls les salariés gagnant moins de 8000 euros par an seront exonérés d'impôts. Auparavant, le seuil était fixé à 12 000 euros.
  • Instauration d'une taxe de solidarité établie en fonction des ressources qui pourra atteindre 5 % des revenus.
  • Instauration d'un impôt de 450 euros pour les auto-entrepreneurs.
  • Remplacement d'un fonctionnaire sur dix seulement, et non plus de un sur cinq comme auparavant.
  • Autorisation des licenciements dans les organismes publics victimes de fusions de services.
  • Mise en place d'un plan de privatisations censé rapporter 50 milliards d'euros à l'État jusqu'en 2015. Des services publics tels que la poste et l'électricité sont, notamment, concernés. Des milliers de fonctionnaires craignent de perdre leur emploi.

Après avoir analysé tout cela à son retour de Bruxelles après le fameux « sommet de la dernière chance », Georges Papandréou, le temps de se coiffer avant de faire face aux députés, s’est regardé dans une glace. Il a alors vu ce premier ministre entrant dans l’histoire comme celui par qui la purge « grecque » est arrivée … et cela, il ne l’a pas accepté. Il s’est alors rappelé en contemplant Athènes par sa fenêtre, cette cité antique,  joyau de Périclès, mère de la démocratie, conceptrice de l’Europe … et s’est alors dit qu’un aussi grand peuple avait le droit de décider souverainement de son destin, quoi qu’il en coûte ! Cela s’appelle tout bêtement : la démocratie.

4 commentaires:

bembelly a dit…

Bien dit.

Le Pudding à L'arsenic a dit…

Non mais !!!

Romain / Variae.com a dit…

Si Papandréou est Périclès, je me demande bien qui est Sarko ...

Le Pudding à L'arsenic a dit…

"Thucydide" le méchant conservateur ....