mardi 13 décembre 2011

Quel Dominique de Villepin pour 2012 ?



Après l'avoir déclaré dimanche soir sur le plateau de TF1, prenant de court toute la sphère politique parisienne, Dominique de Villepin vient d'officialiser sa candidature à la magistrature suprême dans un show médiatique bien ficelé au PressClub à Paris. Comme Boutin, Bayrou, Morin et Dupont-Aignan avant lui, il vient s’ajouter à la longue liste des candidats de droite, prétendants au titre honorifique de chef de l’extrême-centre.


Je sais bien que les villpinistes n'aiment pas que l'on associe leur poulain aux autres belligérants de la guerre du milieu. Ainsi, quand certains le visent en parlant de « République solitaire », ils préfèrent le qualifier de « Gaulliste indépendant ». Quand d’autres répètent qu’ils sont « ni de gauche, ni de droite », ils font de la surenchère en plaçant leur candidat au dessus de « tous les partis ». 

J'avoue ! L'art de dénicher ces petites nuances pour s'affirmer, alors qu'il n'y en a presque pas, n'est pas aisé ! Dans la bouche du candidat, c'est encore plus chantant :
« L'élection présidentielle, c'est le rendez-vous de la Nation. Or qu'est devenu ce rendez-vous ? Le rendez-vous des partis. Ce n'est pas au Parti socialiste, l'UMP ou le Modem de dire qui doit être président de la République »
« La France n’a besoin ni d’un hyper-président, ni d’un président normal, ni d’un président installé dans un fauteuil à bascule, tantôt à droite, tantôt à gauche »
« On voit bien depuis plus de quatre ans que la navigation à vue ne permet pas de défendre les intérêts d'un pays et d'un peuple »
Les commentaires qui ont suivi parlaient tous de « Discours Gaullien », ça valait vraiment la peine de se déplacer pour nous sortir une synthèse pareille ! Sans revenir à l'antienne de Malraux « le gaullisme est mort avec de Gaulle », je peux vous affirmer que s'il suffisait de dire non à une guerre pour le pétrole pour obtenir le label gaulliste, alors nous sommes des milliards de gaullistes qui s'ignorent à travers le monde ! Il faut dire qu'hormis cet éclat onusien, rien dans l'itinéraire de l'exercice du pouvoir de l'ancien premier ministre de Jacques Chirac n'indique une quelconque filiation au père de la 5ème république.  

Au-delà des postures et des rhétoriques (sauf à vouloir jouer les aveugles), comment ne pas voir en celui qui a été l'une des chevilles ouvrières de la Chiraquie, l'héritier naturel du grand Charles Jacques ? Comment ne pas voir en cette ultime confrontation Sarkozy-Villepin, la suite de la guerre Balladure-Chirac, avec en toile de fond, une sombre histoire de commissions et de rétro-commissions ? Une énième affaire judiciaire qui lie le destin de ces deux enfants terribles de la droite française !

Vous l'aurez bien compris, la guerre des droites aura bien lieu cette fois encore, la Chiraquie tient à sa revanche. La seule question qui reste en suspens est de savoir quel Dominique de Villepin allons nous voir pour l’élection présidentielle de 2012 : Le Chirac de 1981 qui a été capable de faire élire Mitterrand par haine de Giscard, ou le Chirac de 2007 qui a troqué son soutien à Sarkozy contre la prescription d'une anosognosie judiciaire ? Le mystère reste entier.

    2 commentaires:

    MAJiCWoofy a dit…

    Un vrai coquin ce Villepin !
    Manquait plus que lui pour rajouter à l'ambiance.
    Moi je le vois bien dans le rôle du Chirac 81, histoire de se rappeler au bon souvenir de son ami au "croc de boucher"...

    Le Pudding à L'arsenic a dit…

    Laissons lui 100 jours pour se décider ;)